30 juin 2014

Travailler avec une salle avec miroir sans tain influence-t-il les reponses lors une etude qualitative ?


Si l’importance de la neutralité de l’enquêteur n’est plus à démontrer dans les démarches d’études qualitatives, quand est-il des facteurs environnementaux ? Le choix du lieu dans une étude qualitative influence-t-il les réponses ?

Le comportement de quelqu’un dépend en grande partie des facteurs environnementaux. Nous pensons qu’un lieu qui inspire confiance va inciter à la confidence, alors qu’au contraire, un endroit peu intimiste va freiner les confidences des personnes interrogées. Le lieu a une influence s’il fait partie de la problématique, ou s’il a une répercussion sur la manière dont les gens se sentent.

Il y a quelques temps, nous avons animé, un groupe pour une marque de produits (très) intimes et nous avons constaté que le lieu avait vraiment une influence.

Pour inciter les participants à exprimer des états et des comportements intimes, l’organisation du groupe a nécessité une salle bien close, cosy, avec une atmosphère intime et rassurante, plus proche de la soirée entres amis que du groupe de consommateurs. Cet environnement a été très propice aux échanges croustillants et sincères des femmes réunies.
Nous pensons que nous n’aurions jamais eu les réponses franches et dénuées de gêne si nous avions réalisé le groupe dans les mêmes conditions qu’un groupe classique avec de la vidéo, des miroirs sans teint etc.

Nous pensons que si nous devons interroger une personne sur un sujet personnel, ses confidences sont assurées seulement si elle se sent en confiance et en sécurité comme chez elle ou dans un endroit où une atmosphère intimiste a été recréé.

Nous pouvons également prendre l’exemple d’une étude que nous avions réalisée in situ sur un point de vente où les entretiens abordés l’expérience en boutique. Le fait que les participants se trouvent à l’endroit même du débat même a permis d’obtenir des réponses très riches et très spontanées car les participants pouvaient s’appuyer sur leur environnement pour expliciter leur point de vue. Nous n’aurions sûrement pas eu des réponses d’aussi bonne qualité si nous avions réalisé les entretiens dans une autre salle, où le participant aurait du s’imaginer la boutique.

Néanmoins dans certains cas, le lieu n’a pas d’influence notamment lorsqu’il s’agit d’une étude qui porte sur des problématiques plus globales ou qui ne consistent qu’à évaluer des documents de communication.

En effet, hormis le fait de donner son avis, la personne interrogée ne communique rien de personnel, ou n’a pas besoin de l’environnement pour étayer son discours.